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Utiliser la bonne quantité de matières pour assurer la protection du produit, tout en évitant le suremballage!

Stratégie 2 : Optimiser la conception

Cette stratégie vise à concevoir un emballage en utilisant de façon optimale les matériaux entrant dans sa fabrication, en considérant le système d’emballages complet : primaire, secondaire et tertiaire. Concevoir de façon optimale signifie utiliser la bonne quantité de matières pour assurer la protection du produit tout en évitant le suremballage, et permet de réduire les coûts totaux du cycle de vie du couple emballage + produit.

Action 3 - Repenser l’emballage

Action 4 - Réduire les impacts de la consommation d’énergie

Action 5 : Penser l’emballage pour la logistique et le transport

Action 6: Améliorer l’expérience consommateur

Action 3 - Repenser l’emballage

Cette action vise à identifier le point optimal, soit l’équilibre entre un emballage suffisant et performant pour un produit donné. Ce ratio dépend non seulement du type de produit à emballer, mais aussi du consommateur, du marché, et d’une multitude d’autres facteurs.

Modifier le conditionnement du produit, repenser le système d’emballages, réévaluer la pertinence de chaque composant de l’emballage et réduire les vides techniques représentent quelques pistes d’action permettant d’améliorer le ratio emballage / produit.

Éviter le sous-emballage

Un produit est sous-emballé lorsqu’il engendre un manque de protection qui entraîne des pertes ou des bris avant même que le produit ne se rende au consommateur ou à l’utilisateur final.

Comme les impacts environnementaux des produits sont habituellement plus importants que ceux des emballages qui les protègent, l’utilisation d’une trop faible quantité d’emballage n’est pas stratégique du point de vue environnemental, économique ou social.

  • Améliorer le ratio emballage/produit en réduisant la masse, le volume ou le vide technique d’un emballage en gardant la notion de protection du produit en tête de liste;
  • Optimiser en considérant l’ensemble du système d’emballages, y compris les emballages secondaire et tertiaire.

Réduire le suremballage

Il n’est pas toujours facile de tracer la ligne entre emballage nécessaire et suremballage. Le suremballage désigne l’emballage ne servant qu’à augmenter la visibilité et l’attrait du produit, sans contribuer à la fonctionnalité de protection ou de conditionnement.

Le suremballage peut également être une conséquence d’une conception (design) prévue pour répondre à des conditions d’exposition surévaluées par rapport à la réalité. Le produit est alors « surprotégé » et l'emballage superflu ne remplit aucune fonction réelle.

On peut définir le suremballage comme le surdimensionnement des composants par rapport au produit et par la présence de composants inutiles ou d’assemblages plus complexes que nécessaire. Voici quelques pistes vous permettant de réduire le suremballage :

  • Adopter des critères de conception d’emballages qui réduiront les pertes résiduelles de produit lors de l’utilisation ou qui amélioreront sa durée de vie, augmentant ainsi la fonctionnalité de l’emballage;
  • Réévaluer les différents composants du système d’emballages et conserver uniquement ceux qui sont essentiels aux fonctions de protection et de mise en marché;
  • Envisager la conception d’emballages multifonctionnels permettant d’éliminer l’emballage secondaire ou tertiaire (par exemple, développement d’un emballage pouvant à la fois servir de présentoir en magasin).

Action 4 - Réduire les impacts de la consommation d’énergie

Il est possible de réduire les impacts de la consommation d’énergie à l’étape de la fabrication ou de la mise en forme d’un emballage en :

  1. 1
  2. réduisant la consommation d’énergie de la fabrication par unité d’emballage produite (ratio) au moment de la fabrication;
  3. 2
  4. améliorant l’efficacité énergétique des processus de mise en forme;
  5. 3
  6. sélectionnant des matériaux à « faible contenu énergétique intrinsèque », c’est-à-dire qui nécessitent moins d’énergie à produire, en considérant l’ensemble de leur cycle de vie.

Ces pistes d’action permettent de réduire les impacts environnementaux (ex. : les émissions de gaz à effet de serre) en plus de réduire les coûts et les impacts des étapes de fabrication et de mise en forme.

Toutes les sources d'énergie ne génèrent pas les mêmes impacts environnementaux. Voici trois conseils pour réduire et mieux gérer la consommation d’énergie sur les sites de production :

  • Mettre en place les mesures appropriées d’efficacité énergétique aux étapes de fabrication et de mise en forme;
  • Sélectionner des sources d’énergie à faible impact sur l’environnement;
  • Sélectionner des matières à faible contenu énergétique intrinsèque.

Le tableau suivant présente les émissions de gaz à effet de serre pour les principales filières de production d'électricité et de chaleur en Amérique du Nord.

Filières de production d’énergie

*Moyennes calculées pour le contexte nord-américain

Production d'électricitég CO2-eq,/kWhRéférences
Charbon 956 United Nations, National Inventory Submissions 2013
Pétrole 762 Energy Information Administration (EIA)
Gaz Naturel 527 United Nations, National Inventory Submissions 2013
Géothermie 32,7 Environmental Protection Agency (EPA)
Nucléaire 6,05 Environmental Protection Agency (EPA)
Hydroélectricité 0,057 Environmental Protection Agency (EPA)
Solaire 176 Environmental Protection Agency (EPA)
Éolien 0,0001 Environmental Protection Agency (EPA)
Production de chaleurg CO2-eq./MJRéférences
Charbon 93 Ressources naturelles Canada (RNCan)
Pétrole 78 Ressources naturelles Canada (RNCan)
Gaz Naturel 69 Ressources naturelles Canada (RNCan)

Action 5 : Penser l’emballage pour la logistique et le transport

Penser l’emballage pour le transport implique de maximiser l’utilisation de l’espace des moyens de transport utilisés et de réduire la masse ou le volume des matériaux transportés et des produits emballés distribués.

Il pourrait être intéressant d’envisager, par exemple, l’usage d’emballages ou de contenants partiellement mis en forme (ex. : préformes de bouteilles plutôt que bouteilles entièrement soufflées) ou l’usage d’emballages distribués en rouleaux ou en feuilles (ex. : contenants aseptiques).

  • Réduire les besoins en emballages secondaire et tertiaire sans toutefois compromettre la protection du produit;
  • Optimiser la palettisation (augmenter l’efficacité au cube) en vue d’augmenter le nombre de produits transportés. Cette action peut nécessiter de revoir la forme et le volume des emballages primaires.

Sur le plan de la logistique, l'optimisation des itinéraires, le transport intermodal (utilisation de deux ou plusieurs modes de transport d'un point origine à un point destination) et les principes de l’écoconduite sont à favoriser.

  • Réévaluer les réseaux d’approvisionnement et de distribution (lieu, proximité, mesures de responsabilité sociale des entreprises) constitue un moyen efficace de réduire les coûts et les impacts environnementaux tout en gardant en tête le cycle de vie complet des emballages;
  • Opter pour le transport intermodal qui, lorsqu’il est utilisé dans une logique d’optimisation, permet de réduire les impacts environnementaux liés au transport;
  • Privilégier les modes de transport offrant le moins d’impacts environnementaux par tonne-kilomètre transportée (voir le tableau ci-dessous).

Ces actions peuvent réduire les coûts en carburant et les émissions de gaz à effet de serre tout en améliorant la performance et l’efficacité (temps et ressources) du transport des marchandises.

Le tableau suivant présente les émissions moyennes de gaz à effet de serre par tonne-kilomètre, associées aux principaux moyens de transport.

Mode de transport kg CO2-eq/tonne.kmRéférences
Avion 1,060 GHG Protocol - Emission Factors from Cross-Sector Tools - Sheet Transport
Camion 0,206 EGHG Protocol - Emission Factors from Cross-Sector Tools - Sheet Transport
Bateau 0,033 GHG Protocol - Emission Factors from Cross-Sector Tools - Sheet Transport
Train 0,016 GHG Protocol - Emission Factors from Cross-Sector Tools - Sheet Transport

Action 6: Améliorer l’expérience consommateur

On n’achète pas des emballages, mais des produits emballés. Les consommateurs sont de plus en plus exigeants lorsque vient le temps de choisir un produit. L’emballage joue un rôle déterminant non seulement dans le geste d’achat, mais aussi dans l’expérience usager, c’est-à-dire lors de l’utilisation et de la consommation d’un produit.

Ces exigences sont liées au rôle de protection et aux fonctions auxquelles l’emballage répond.

Voici quelques pistes visant à améliorer l’expérience consommateur :

  • Concevoir des emballages qui prolongent la durée de vie du produit (particulièrement dans le domaine de l’alimentation, de l’hygiène et du secteur pharmaceutique, où les produits sont périssables);
  • Concevoir des emballages qui minimisent les pertes de produit lors de l’utilisation et réduire le gaspillage;
  • Simplifier les manipulations et éliminer les risques pour la santé (ex. : blessures et bris) et pour l’environnement (ex. : fuites et contaminations);
  • Renseigner minimalement et adéquatement le consommateur sur :
    • le contenu du produit (ex. : liste des ingrédients, charte nutritionnelle, posologie, mises en garde, mode d’emploi, etc.),
    • la nature des matériaux qui composent l’emballage,
    • la gestion en fin de vie (identification des composants recyclables).


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